À l’occasion du Salon Artistique 2026, l’Office de Tourisme des Portes Euréliennes a échangé avec Sophie Larroche, l’une des artistes invitées d’honneur de cette nouvelle édition. L’artiste revient sur son parcours, sa manière de travailler et ce qui nourrit son univers artistique.

Un chemin artistique guidé par la passion et les rencontres

Son parcours artistique s’est construit au fil des rencontres et des apprentissages. Dès les années 1980, elle se forme au dessin dans plusieurs ateliers parisiens, notamment à l’École de dessin Sornas. Ces premières expériences lui permettent d’affiner son regard et sa maîtrise du croquis, avant de se tourner progressivement vers la sculpture.

En 1999, elle franchit une nouvelle étape en intégrant les stages de Danièle Dekeyser à Rambouillet, une rencontre déterminante dans son évolution artistique et une véritable source d’inspiration. Elle poursuit ensuite son apprentissage auprès de différents artistes et développe ses compétences dans des domaines variés tels que le moulage, la céramique ou encore la taille de pierre.

Parallèlement à sa pratique personnelle, elle a toujours eu à cœur de transmettre son savoir-faire. De 2003 à 2020, elle anime des cours de sculpture et de céramique à la Maison des Jeunes et de la Culture de Rambouillet, avant de proposer aujourd’hui des stages et des ateliers dans son propre espace de création à Orphin.

Comment est née votre passion pour la sculpture ?

Depuis toujours, Sophie ressent le besoin de créer de ses mains. D’abord attirée par le dessin, elle se tourne progressivement vers le modelage de la terre, une matière qui deviendra son principal moyen d’expression.

« J’ai toujours eu envie de manipuler la terre. Le dessin est venu en premier, puis la sculpture s’est imposée naturellement. »

Quel a été le déclic qui vous a donné envie d’exposer votre travail ?

Le véritable tournant intervient en 1999, lors d’un stage consacré au modèle vivant avec la sculptrice Danièle Dekeyser. Cette rencontre lui permet d’affirmer sa pratique artistique et lui donne confiance pour présenter ses œuvres au public. Après une première exposition à ses côtés en 2002, elle poursuit son exploration du corps vivant pendant plusieurs années avant de participer à de nombreux salons. En parallèle, elle partage également sa passion en donnant des cours pendant seize ans à la MJC de Rambouillet.

« Ma première exposition avec Danièle Dekeyser m’a permis de me sentir plus légitime à montrer mon travail. »

Une œuvre a-t-elle marqué un tournant dans votre parcours ?

Parmi toutes ses créations, Que reste-t-il ?, représentant un ours polaire sur sa banquise, occupe une place particulière. Cette sculpture touche le public, interroge sur la fragilité du monde animal et est devenue son œuvre emblématique. Elle donnera naissance à toute une série déclinée en terre, en bronze ou encore en porcelaine.

« Cette œuvre questionne, touche le public et m’a ouvert de nouvelles perspectives artistiques autour de l’ours polaire. »

Où puisez-vous votre inspiration ?

Son univers s’est construit au contact de plusieurs artistes qui l’ont profondément marquée, comme Danièle Dekeyser et Frédéric Marquis.

Elle admire également les grands maîtres de la sculpture figurative, tels qu’Auguste Rodin et Camille Claudel, dont la sensibilité nourrit sa réflexion artistique.

« Je m’inspire autant des artistes qui m’entourent que des grands noms de la sculpture figurative. »

Quels sont les thèmes qui vous accompagnent depuis toujours ?

Deux univers traversent son travail : le corps humain et l’ours polaire. Le nu constitue pour elle un formidable terrain d’exploration artistique.

« On pourrait croire que représenter un corps revient toujours au même, mais chaque modèle est différent. C’est une recherche perpétuelle. J’aime la recherche des volumes et des formes, je me réfère beaucoup aux livres d’anatomie. »

L’ours polaire, quant à lui, est devenu au fil du temps un véritable symbole. Imposant et puissant, il incarne aussi une certaine fragilité face aux bouleversements climatiques.

« L’ours polaire peut sembler, à première vue, imposant et fort, mais on retrouve aussi une autre facette de lui : drôle, attachant, curieux et fragile. C’est aussi ce qui fait sa sensibilité. »

L’artiste sculpte également d’autres animaux, toujours dans l’optique de mettre en lumière l’importance de préserver la faune et la flore qui nous entourent.

Vos animaux sont parfois volontairement inachevés. Pourquoi ce choix ?

Certaines de ses sculptures semblent émerger de la matière. Ce parti pris n’est pas uniquement esthétique : il invite le spectateur à porter un autre regard sur les espèces menacées. Son intention n’est pas de délivrer un message alarmiste, mais de rappeler toute la beauté du vivant et l’importance de le préserver.

« Je ne cherche pas à être catastrophiste je veux simplement montrer que la nature est belle et qu’il faut la préserver

Comment définiriez-vous votre style ?

Son travail s’inscrit dans un registre figuratif, sans chercher à reproduire parfaitement la réalité. Elle privilégie des volumes volontairement bruts et des textures qui laissent deviner le geste de la main.

« Je sculpte du figuratif, sans forcément aller jusqu’au bout du réel, je préfère un rendu brut, fort sans trop de détail »

Comment naît une sculpture ?

Chaque création demande patience et précision. Lorsqu’elle travaille la terre, elle commence par l’intérieur, façonne une sorte de colonne vertébrale du modèle, avant de l’étoffer et de le modeler progressivement. Certaines œuvres nécessitent plusieurs semaines de travail avant d’être terminées. Pour les sculptures en bronze, elle confie ensuite son modèle à un fondeur, qui réalise le moulage.

« Tout commence par la terre. Ensuite, selon la matière choisie, le processus évolue. Chaque œuvre demande du temps. »

Quels matériaux ou techniques aimez-vous utiliser, et pourquoi ?

Sophie travaille principalement avec des pains de terre de dix kilos et un simple bâton en bois, proche d’un tasseau. Cet outil lui permet d’obtenir les textures brutes qui caractérisent son travail.

« J’aime garder un rendu brut. c’est ce qui, selon moi, apporte le plus de force et d’intérêt aux sculptures. »

Quels sont vos prochains projets ?

Après avoir eu l’opportunité d’exposer dans une galerie parisienne autour de sa série consacrée aux ours polaires, elle nourrit aujourd’hui le souhait de renouveler cette expérience. Son ambition : organiser une nouvelle exposition dont une partie des bénéfices pourrait soutenir la cause animale.

« J’aimerais de nouveau exposer ma série de sculptures d’ours dans une galerie afin de pouvoir aider, à ma manière, la protection animale. »

Que représente pour vous le fait d’être invitée d’honneur du Salon Artistique Régional ?

Être invitée d’honneur est une véritable reconnaissance de son parcours. C’est aussi l’occasion de présenter une partie plus importante de son univers au public.

« C’est un honneur qui me touche beaucoup et un moment privilégié pour montrer davantage mon travail. »

Quel conseil donneriez-vous à un artiste qui débute ?

Pour elle, l’essentiel est de rester fidèle à soi-même. Plutôt que de suivre les tendances, chacun doit explorer ce qui le touche profondément afin de construire sa propre identité artistique.

« Il faut aller vers ce qui nous parle et développer sa propre identité. »

De ses premières créations en terre à ses sculptures aujourd’hui reconnues, Sophie Larroche n’a cessé d’explorer la matière pour donner vie à des œuvres empreintes de sensibilité. Son regard sur le monde animal, le corps humain et la beauté du vivant se dévoilera prochainement au public à l’occasion du Salon Artistique, du samedi 05 au dimanche 13 septembre 2026. Une belle invitation à découvrir une artiste passionnée, dont chaque œuvre raconte une histoire.

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